Compost, composter, compostage

13/03/2021

Ça sent bon le printemps. Il fait beau, les oiseaux commencent à s'activer, c'est le moment d'en faire autant en faisant les derniers nettoyages de vos jardins potager et /ou d'ornement. Entre les feuilles que vous avez mises pour protéger vos sols des intempéries, les résidus secs restants, les morceaux de taille que vous avez broyés, sans compter les résidus de cuisine, ce n'est pas la matière qui manque pour remplir votre composteur. 

Alors allons-y !

Le compost ou humus est un produit très important pour les sols de nos jardins. Il allège les terres lourdes contenant une proportion d'argile non négligeable, et donne de la cohésion aux terres légères de type sableux. Il participe à l'aération et au drainage des premières, améliore la rétention en eau des secondes. Sa couleur foncée favorise le réchauffement du sol favorable au démarrage précoce des semis et plants notamment au printemps.

Le compost issu des centres de compostage présente des avantages certains. On peut l'obtenir en grande quantité et la chaleur dégagée lors de la transformation des débris végétaux en humus est suffisamment haute pour détruire graines, champignons, insectes et germes pathogènes (qui cause une maladie) du fait du volume à transformer. Il n'en demeure pas moins qu'il présente un inconvénient majeur à mes yeux à savoir qu'il résulte d'un mélange d'essences diverses comme des feuilles, du bois blanc de feuillus ( bouleau, peuplier, vigne, lilas, cerisier à fleurs et autres feuillus d'ornement ...), du bois avec tanin ( noyer, chêne, arbre à perruques...), du laurier cerise, du conifère ( sapin, pin, if, tuya, ginkgo...), des herbes indésirables ..., dont la proportion variable n'est pas connue et nous met ainsi dans l'embarras du fait que l'on ne connait pas la composition du produit final obtenu à épandre. 

En effet le compost de conifères est plutôt fait pour les plantes acidophiles (aimant un sol acide) comme les conifères naturellement mais aussi les rhododendrons, les azalées, les myrtilliers, les bruyères, les hortensias ou hydrangeas ... alors que le compost de plantes de plates-bandes, de feuilles à arbres caduques, de broyat d'arbres et arbustes à bois blanc l'est pour les massifs et le potager. Alors comment y voir clair ?

C'est pour cela qu'il est préférable de fabriquer son propre compost. L'avantage est que l'on sait parfaitement ce que l'on met dans son composteur. Pour ma part, j'en ai trois que j'ai acheté à la communauté de communes qui en proposait à l'époque où j'ai commencé.

Avant tout qu'est-ce que le compost ? c'est un produit fini qui résulte de la décomposition de la matière organique comme les déchets végétaux secs issus des jardins potager et d'ornement ou de cuisine, les feuilles et broyats de branches d'arbres et d'arbustes, mais pas n'importe lesquels !

Pour faire un bon compost, il faut :

- Un composteur,

- De la matière végétale appropriée,

- Un environnement propice au travail de la microfaune et microorganismes du sol, en plus clair, de toutes les petites bestioles et bactéries qui décomposent cette matière végétale.

Un composteur :

Il en existe plusieurs modèles. Ceux que je préfère sont ceux qui sont faits avec des produits naturels c'est-à-dire de planches, de morceaux de bois empilés perpendiculairement deux par deux, de palettes. Je ne vous en dirai pas plus, je passe la main à Françoise, notre reine du bricolage, pour vous exposer leur construction !

De la matière végétale appropriée :

Quand on sait que la matière végétale « adulte » sèche, c'est-à-dire dépourvue de chlorophylle, en se décomposant donne de l'humus et des éléments minéraux, celle qui est verte, gazon ou jeunes plantes par exemple, donne de l'eau et des éléments minéraux mais pas d'humus, et que l'on met seulement de la matière végétale exempt de maladies, de graines et de germes, on a tout compris ou presque ...

Car il faut ...un environnement propice au travail de la microfaune et microorganismes du sol :

Pour que toutes les petites bestioles et « bonnes » bactéries puissent bien travailler c'est à dire dégrader ce que vous avez mis dans votre composteur, il faut de l'eau, de l'oxygène et de la chaleur.

Cette dernière nous vient du soleil. On mettra le couvercle sur le composteur lorsque l'atmosphère est froide et inversement.

L'eau nous vient du ciel donc on ouvrira le couvercle lorsqu'il pleut, on le refermera ensuite pour éviter son évaporation mais elle nous vient aussi de la matière verte. S'il y a déficience en eau, on arrosera avec le stock en eau de pluie que l'on aura constitué. A défaut on prendra de l'eau du forage, si on en a un, après l'avoir réchauffée au préalable au soleil ou bien du robinet.

L'oxygène nous vient de l'atmosphère, l'air qui nous entoure. Il suffit de brasser régulièrement le contenu du composteur pour l'aérer.

Au printemps, pour donner un « coup de fouet » à cette microfaune et accélérer son travail, on pourra épandre un activateur sur la surface de la matière organique du composteur.

En été où les végétaux secs viennent à manquer dans nos jardins, on constituera son compost avec des couches alternées de paille et de gazon ou matières vertes du jardin. Succès assuré d'une bonne production d'humus !

J'ai rajouté à matière végétale le mot « appropriée ». En effet, on ne met pas n'importe quoi dans son composteur. Pas de feuilles ou plantes malades, pas de fruits ou légumes pourris ou véreux, pas de matière acide comme la peau de citron, pas d'épluchures de pomme de terre et topinambour car elles présentent des germes qui vous donneront des plants après épandage. Par contre le compost digère bien la peau de pamplemousse, d'orange ou de mandarine, la peau de bananes, les sachets de tisane, le marc de café. Les vers de terre sont friands de boites d'œufs en carton « nature » à condition d'avoir ôté l'étiquette et les avoir réduites en petits morceaux.

Enfin, lorsque l'on soutire une ou deux fois par an le terreau que l'on peut déposer entre deux rangs de légumes par exemple, on prendra soin de mettre de côté la matière de surface non décomposée ainsi qu'une partie du compost situé au centre du composteur et qui contient de nombreux vers de terre afin de les réintégrer au composteur après l'avoir vidé.

Bon courage !

Humbert VALLIER

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